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 CR G-S Ent'Raid 2018

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bootleg51
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MessageSujet: CR G-S Ent'Raid 2018   Mar 1 Mai 2018 - 17:30

Bonjour,
C'est bien parti  pour la sixième édition des commentaires, des photos etc bientôt ici .....
Demain Tétouan
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Ven 18 Mai 2018 - 8:19

Salut,

de retour après une édition superbe de ce GSE 2018 : beau temps, belles pistes et très bonne ambiance. Merci à tous ainsi qu'à Fred, Nico, et FX pour une organisation et une assistance au top respect

Biker1 

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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Ven 18 Mai 2018 - 19:12

Olivier, T'as oublié de citer Driss and Co
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Ven 18 Mai 2018 - 20:22

GS Entraid 2018 la fin d'un voyage, le début d'un nouveau. 
Il est 1h34 en ce lundi matin, nous roulons Mehdi et moi à bord d'un camion plateau depuis bientôt 12 heures. Il nous reste en cette nuit bien froide et obscure 180 des 750 kms à parcourir pour atteindre notre objectif du jour: Casablanca depuis le garage de Zagora. Nos motos campent dignement ficelées à notre bien lent, bien vieux, mais néanmoins salvateur vaisseau. Elles sont blessées au point d'avoir renoncé à leur devoir en ce dimanche dernier. Sur les pistes de MERZOUGA, la Honda s'est éventrée le carter d'embrayage sur une roche trop grosse pour sa garde au sol. L'embrayage de ma fidèle Gsa, quand à lui, n'a pas résisté au patinage trop intense imposé par le dernier bac à sable des dunes de ces bacs à sable du nord Sahara, pourtant franchies avec dignité. 
Il en va ainsi de notre périple prématurément interrompu par les aléas de nos mécaniques trop fragiles à ces épreuves renouvelées depuis le début d'un mois de nos vies consacré à notre passion : rouler par tous chemins à la découverte de ce beau pays qu'est le Maroc. Nous avons laissé l'équipe du GSE 18 continuer son chemin après un dernier repas partagé à Zagora et roulons vers la mégapole Marocaine dans l'espoir d'y trouver ce matin les pièces et la main d'ouvre nécessaires à la réparation de nos machines. Faute de quoi, il faudra inventer avec nos assistances respectives le moyen de nous rapatrier machine et pilote à nos domiciles parisien et lillois. Bientot 2h00 du mat et Mehdi se met aux platines de son smartphone pour nous faire le DJ. Il est certain que l'ambiance musicale Européenne change de celle traditionnelle Marocaine,je souhaite aussi vivement que cela sorte notre chauffeur hors de la torpeur provoquée à présent par la monotonie autoroutière. Pourtant je lui ai bien proposé de le relayer au volant au constat de ses louvoiements autour de la bande centrale. Ce qui reçu une fin de non recevoir agrémentée d'un sourire disant poliment "t'inquiète ça va le faire". 
Alors, profitant de ces derniers kilomètres nocturnes à parcourir, je pose ici les raisons de ma présence à ce voyage collectif. Disons que c'est une redite de celui effectué il y a maintenant déjà 3 ans. Comme une confirmation d'une conviction acquise ici, comme l'année dernière en Russie ou encore avant avec la traversée des Pyrennées : j'aime les voyages à moto, dans les conditions des bivouacs plus ou moins sauvages pour ressentir les parfums, les caractères des régions traversées. Croiser leurs habitants. vivre et manger comme eux, partager leurs façons de vivre avec leurs bonheurs simples comme leurs difficultés. Sans doute pour mieux apprécier ce qui fait notre quotidien ordinaire et si routinier à nous Européens. Sans aucun doute pour sortir de ma zone confort et ainsi mieux la vivre après chaque voyage . 
Lundi matin grand raout dans l'appartement du papa de Mehdi où nous avons passé le reste de la nuit confortablement installés sur le sofa dans le salon. Après un concours de ronflement avec la papa on me réclame la carte grise de la moto pour vérifier que les pièces sont dispos, m'inviter à prendre une douche réparatrice et enfin prendre la voiture direction casa. La matinée commence par un copieux petit déjeuner en terrasse pour ... 14 drm chacun, ensuite une bonne heure de route dans les embouteillages pour attendre la seconde dépanneuse qui va transporter ma moto depuis chez la tante ou nous l'avons garée à l'abri plus tôt ce matin. Nous arrivons enfin chez le concessionnaire pour le verdict cet après midi : réparable en temps et en heure pour me permettre de prendre le bâteau prévu à Ceuta. Sinon ce sera rapatriement par l'assistance jusque là. Décision cette après midi. En attendant l'ouverture à 14h30 de la concession je déjeune d'une grillade mixte en terrasse d'une courrée bien cachée trouvée grâce à la présence d'un employé occupé à jongler avec son plateau sur le trottoir. Tout le charme de ces lieux improbables que j'aime à découvrir lors de ce genre de voyage, c'est un restau-jardin pour une cuisine simple nommé Art'Dwaz Ain Sbaa à Casa situé dans la même rue que la concession BMW et à 300m de la mer. Le patron Yassir est un musicien, l'ambiance musicale cool y règne. Wait and see the future. 
Et voilà à 15h00 tombe le verdict, les pièces sont dispo, mais l'atelier est plein et ma moto si elle y rentre n'en sortira que vendredi. Or mon bâteau pour rejoindre l'Espagne depuis Ceuta est mercredi à 12h00. 
Ainsi, je prends la décision de me faire rapatrier jusque là par mon assistance. Il est 16h00. J'attends leur coup de fil pour savoir comment s'organise la chose.
Quand en ce mardi 19h20 je reprends mes écrits du chapitre précédent, enfin assis dans la cabine du camion qui se faufile dans les embouteillages de Casa, je me dis que j'étais plein d'espoirs à croire en la simplicité d'une succession logique des choses. C'était sans compter sur l'acharnement des circonstances défavorables contre le mien à favoriser mes objectifs. 
Ainsi, roulant dans la ville congestionnée à 9h00 ce matin je passe mon premier coup de fil à l'assistance et qu' apprend-je? Le document reçu du garage la veille n'est pas le bon. L'expert Français ne peut pas se prononcer sur la base d'un devis de passage à la valise!!! Il faut un devis des travaux et un certificat d'immobilisation du véhicule. Mais pourtant le garage et l'assistance s'étaient bien parlé, que s'est il passé pour me faire perdre encore une demi journée ?. C'est en effet le responsable du garage qui s'est trompé de document[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]😡[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]😡[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]😡. Je raccroche avec désespoir d'avec l'assistance et appelle ce personnage néanmoins fort sympathique dont j'avais pris soin de prendre les coordonnées . Il m'assure avoir bien envoyé les infos nécessaires ...

Nous progressons à petits tours de roues tant bien que mal vers le graal de mon retour au pays, dans la jungle saturée de cette ville encombrée à la parisienne. Nous finissons par arriver à 11h00 sur place. Deux heures pour parcourir les 30 km nous séparant du garage... Je file dans le bureau du responsable qui finit par battre sa culpe. Je rappelle l'assistance, après 2 tentatives de 20 mn de musique d'attente lancinante, ils finissent par décrocher. Je donne mon tel au responsable de la concession et il envoie enfin par mail directement les bons documents. Je reprends le combiné et apprends qu'il faut l'avis d'un expert de leur compagnie en France... C'est donc après plus de 8 heures de relance toutes les 1/2 heures qu'enfin l'accord d'expert tombe. Il est 17h30 et l'on me dit que le transporteur va enfin arriver. Ouf. Ce qui se produit effectivement à 18h30. 
Le côté sympa de cette journée c'est qu'à rester tout ce temps dans la concession entre hier et aujourd'hui, est que j'ai fini par faire connaissance des vendeurs, par être convié à aller déjeuner en voiture avec 3 d'entre eux, dont le coupable de la boulette documentaire. 
Ce fut un repas agréable où nous avons partagé nos plats de poissons en piochant dedans de façon traditionnelle avec du pain entre les 3 doigts en guise de couverts. La conversation est allée bon train sur de nombreux sujets politiques, économiques comme sociaux. 14h30 fut l'heure pour eux de rouvrir avec leurs 170 collègues la plus grande concession BMW d'Afrique où ma Gs couverte de poussière faisait sensation auprès de la plupart de leurs clients kékémotards. Je m'acquitte des 550 dirhams de facture pour les documents et suis prêt à quitter les lieux quand le transporteur pointe ses girl phares à la guérite du gardien.

Il est 20h30, Rabat n'est plus qu'à 23 km, le ronron du camion qui se traîne à moins de 80kmh, mouchard horodateur en veille, m'aide à faire tomber la forte tension nerveuse qui m'a animé depuis le début de ces 3 jours de transfert sous assistance familiale du papa de Mehdi, des services de BMW Maroc et de ceux de l'assistance Marocaine tous à l'image de ce beau pays si désordonné mais tellement charmant. Doucement je m'endors dans la perspective de la nuit blanche et froide qui m'attend au passage de la frontière de Ceuta vers minuit ou une heure du matin quand ce camion qui ne peut passer la frontière me larguera avec ma moto en panne au milieu des centaines de candidats à la migration aperçus lors de notre entrée dans le pays. Je risque de devoir pousser la moto sur les kilomètres qui séparent cette frontière des quais du port où je dois avoir embarqué au plus tard demain à midi. Je crois que vais tenter d'y aller doucement au moteur si je n'arrive pas à me faire remorquer par une bonne âme. 
21hoo nous sommes dans le contournement de Rabat. Le chauffeur s'arrête. Pour manger? Non, d'un signe dédaigneux envers la malbouffe des stations d'autoroute, il me signifie juste devoir effectuer un contrôle du sanglage de la moto. Pourtant j'ai faim, et repense aux grillades dégustée peu avant minuit 2 jours auparavant dans ce village sur la piroute (mi piste, mi route) parcourue entre Zagora et Marrakech. bordé d'échoppes enfumées par les grillades et encombrées tel un souk par les vendeurs de bric et de broc. Mon nouveau chauffeur ne semble pas enclin à parler et passe son temps au téléphone. Dommage, j'eusse apprécié de discuter avec lui de son joli pays.

23h00 le chauffeur me montre son horodateur et je comprends qu'il m'annonce qu'au bout de 5h00 de conduite, il doit s'arrêter 2 à 3 heures pour se reposer. Il Nous reste donc moins d'une 1/2 heure de roulage avant la pause forcée. Nous ne sommes pas encore arrivés à la bifurcation pour Tetouan. Ce n'est pas l'envie de dormir qui me manque. Mais les circonstances d'absence de confort dans cette courte cabine où je ne sais placer mes jambes ne m'enchante pas vraiment. Voire pas du tout d'ailleurs. 
Finalement, la pause du chauffeur n'a jamais eu lieu. Par contre la mienne si, sur l'autoroute menant à Tetouan. Les virages au ralenti pour gravir la montagne derrière Tanger Med mettent déjà fin à une demi heure d'absence. Le col franchi nous apercevons enfin Ceuta. Il doit être entre 3 et 4 heures du matin. Le chauffeur prend en photos mes papiers, le véhicule et enfin ma tronche à côté après avoir prestement déchargé ma monture.

Je passe la frontière sans encombres 3 fois. En effet, arrivé côté espagnol je m'aperçois que le douanier marocain n'a pas signé et tamponné le triptyque d'importation. J'y retourne donc à pied et dédaigneusement il me dit vouloir voir le véhicule qui vient de lui passer sous le nez. Je retourne chercher la moto, reviens en la poussant car elle ne monte plus la faible côte menant au guichet du préposé. Je pourrais revenir avec ma moto au Maroc.
Il me reste 4 heures à tirer dans le froid et le vent. Je me rapproche tout doucement de la zone maritime non sans franchir des pentes à la poussette de ma très grosse moto. C'est épuisant. Enfin le plat du port revient pour soulager mes efforts, j'aperçois un troquet ouvert. La rue est remplie des voitures de patrouilles de Guarda Civil (la police quoi) en fin de service. Ils sont tous en train de casser une croûte avant de passer le relais à leurs collègues de jour et aller se coucher ventre plein. Ni une ni deux, je me gare dans le paquet et vais prendre un léger petit déjeuner. Je finis par entamer la conversation avec un motard natif de Russie et un marocain espagnol comme il me l'expliqueront. On échange des photos, des histoires et le temps passe agréablement. Puis, sans doute doivent-ils en finir avec moi, ils mettent fin à la conversation aussi rapidement qu'elle avait commencé. Alors je me dirige vers l'embarquement où je suis le 3eme dans la file derrière un Land aussi et pareillement empoussiéré que ma moto. Assis sur une de ces glissières de sécurité je finis par sérieusement me cailler les miches. Je demande à tous les automobilistes du feu pour une clope. C'est au final le Suisse du canton de Vaux qui sort de son Land Rover et ouvre la porte arrière de son véhicule pour me prêter un briquet chalumeau. La conversation s'engage sur la R80 qui l'a fait voyager dans sa jeunesse, puis transi de froid il m'invite à me mettre au chaud dans son 4x4. On parle bien évidemment Voyages, Maroc, Equipement de nav qu'il fait sur iPad avec un logiciel similaire à maps me. L'heure tourne et le guichet de la compagnie finit par ouvrir. Nous embarquons, il est 8 heures et le jour est levé ensoleillé depuis bien longtemps. 
9h00 ce mercredi matin. Le ferry vient de mettre la gomme pour sortir plein pot du port de Ceuta. Je suis fatigué de ma nuit blanche comme du stress de l'assistance marocaine pour arriver à le prendre ce rafiot. Je crois bien qu' à l'arrivée je vais aller m'installer sur la plage si pas trop de vent, roupiller le mieux possible et tranquillement attendre les GS entraideurs. 
Je n'ai rien vu de la traversée, la baisse de rythme des machines me sort de mes songes. Bientôt je me retrouve à pousser la moto dans la montée du viaduc de sortie du port pour trouver un emplacement ou Nico me retrouvera facilement. C'est chose faite après l'escalade à mollets durcis par l'effort d'une belle bretelle de sortie d'autoroute.

Maintenant il me faut trouver des euros, boire un café, m'assoir et envisager localement le programme de la journée d'attente. 
Ne parlant pas un mot d'espagnol, Erwan où es tu?, mon anglais me permet de me faire comprendre des hispaniques qui le parlent "oune poccito". Après quelques kilomètres de vallons et côtes parcourues à pieds, je trouve les sous, m'installe à une terrasse de brasserie, sirote un coca et un café. Le lieu est inondé de soleil et bruyant des conversations incessantes des veuves ou divorcées de ce quartier populaire. Tout le monde semble se connaitre, s'embrasse, s'interpelle d'un trottoir à l'autre. Et moi je suis là parmi eux comme un cheveux sur la soupe, à discrètement, tout comme eux, les observer. Je finis par commander des tapas et une cervesa après avoir frôlé l'endormissement sur ma chaise.

L'après midi est entamée quand je décide d'en lever mon fessier pour descendre à la plage. Ma moto est toujours là, trônant en attendant ce soir sa 4eme ambulance. J'effectue une belle balade sur la plage, les pieds dans l'eau, ramasse des coquillages en guise de cailloux souvenir pour mes filles et finis par m'allonger sur l'herbe bien grasse a l'ombre d'un palmier pour cette sieste tant attendue. Les rayons du soleil ne vont pas tarder à réchauffer ma peau rafraîchie par la brise maritime lorsque le cadran solaire de mon parasol aura bien vite tourné.
Il est à présent 19h48. Dans 12 mn appareille depuis l'autre côté du détroit le navire de Nico et Fred. Ils vont me rejoindre vers 21h00. Nous allons charger ma brèle sur la remorque à la place de la 350 de du chef Fred, je vais enfin pouvoir m'habiller chaudement car le ciel s'est couvert, et je vais chevaucher le véhicule 170km jusque l'hôtel à Malaga où nous prendrons l'avion demain pour le retour au bercail dans la soirée. Les motards viennent de m'annoncer qu'ils sont au passage de la frontière au Maroc. Bref tout baigne, le chef va aimer que le plan se déroule comme prévu. "L'aventure" du deuxième voyage se termine pour moi ici.
Sauf qu'il faut rentrer à l'hôtel... Et ce n'est pas tout a fait comme prévu que cela va se passer.
D'abord le reste de l'équipe possédait des billets open, le ferry de 20H sera finalement complet et partira sans eux, les reléguant au dernier de 21h soit arrivée ici à 22h, donc soleil couché, températures à la baisse. Je commence sérieusement à me les cailler, je suis en tenue short tshirt cheich pour supporter les 40 degrés que nous avions au sud. Je me refugie dans un restau à tapas situé non loin de là pour être au chaud et assiste à la déconfiture de l'OM contre Madrid en sirotant une cervesa et accompagnée des ces petits plats au gout si varié. Je les ai choisis grâce à l'aide de la tenancière ne parlant pas un mot d'anglais et moi pas plus qu'à midi d'espagnol. Je suis tenté au début de crier dans le restaurant allez l'OM pour voir la réactions des afficionados, mais vu la prestation pitoyable de l'équipe Française je m'en garde bien.
Finalement arrive l'heure des retrouvailles tant attendues. Je m'habille de ma tenue de pluie pour me protéger du froid, j'enfourche le 350 DR du chef après avoir lui avoir substitué ma GS sur la remorque, reçois les consignes d'usage de la moto: pas plus de 80 kmh et 6000 t/min. Et c'est parti pour 2h d'autobeurk cotière.
Le périple commence mal, j'ai calé et le temps de redémarrer au kick nous avons perdu le 4x4 et 2 motos du groupe. Nous errons dans les petites routes, le DR n'éclaire rien, ce n'est pas facile de suivre les grosses à l'aveugle, heureusement à tatons j'arrive à trouver le commodo pour me mettre en plein phare. Cela va un peu mieux, il faut dire aussi que de nuit je roule avec mon masque teinté pour le soleil du sud, cela ne facilite pas les choses...
Nous finissons par retrouver l'autoroute, ses nombreux péages mais perdons Lolo qui a disparu de nos rétros. En un coup de fil il nous apprend être en panne de batterie, seul sur la BAU, dans le noir. Michel et Michael retournent en arrière pour le tracter et le faire redémarrer (c'est aussi ça l'entraide du GSE) . Quand à moi et Seb , nous reprenons la route déjà frigorifiés par à peine 20km de roulage et Seb en plus fébrile d'une in disposition digestive tenace. Au n'ième péage nous nous arrêtons transis de froid pour une pause, bientôt rejoins par Lolo qui a identifié un court circuit de ses feus additionnel et pu recharger sa batterie après avoir e-été redémarré au tirage par le Boucanier. Le 4x4 suit de prêt, le groupe reconstitué restera homogène jusqu'à une ultime erreur d'échangeur autoroutier à MALAGA prolongeant notre calvaire de 15 min de jardinage sous MAPSME en ville, les GPS ayant tendance, dans ces circonstances de roulage urbain dense à être moins rapide à afficher la bonne sortie que ce que nous roulons.
Nous rangeons les motos sur le parking et sommes au lit douchés, épuisés à 3 heures du matin. Demain matin, c'est chargement des motos sur la remorque à 9h30 et départ pour l'aéroport à 11h45. nous les retrouverons dimanche à Reims ou Bruxelles. Pour moi ce sera direction le garage semaine pour réparer les dégats et envisager sereinement le prochain voyage avec un embrayage céramique et des suspensions refaites.
En effet, vu comment les nouvelles GSLC se dégradent à la moindre chute, j'ai décidé de redonner un coup de jeune à ma fidèle et téméraire 2011.
Je remercie le chef Fred, Nico et son canarie des iles, FX, pour leur organisation comme je l'attendais, Driss et son équipe d'intendance pour les bivouacs , comme tous les participants d'avoir permis à cette 6ème édition du GSE d'être une nouvelle fois un bon cru plein de joies et de bons souvenirs fabriqués ensemble. Je rends un hommage particulier à Mehdi, à son papa et à sa famille pour leur coopération à l'assistance de rapatriement en temps et en heure de ma monture et de ma personne. Sans eux, ce second voyage eut été surement moins agrémenté de rencontres agréables pour tenir le challenge de renter à l'heure dans les conditions initiales.
Au plaisir de vous revoir tous et toutes bientôt sur les chemins de traverse. Inchallah.
Et n'oubliez pas de faire vous aussi votre CR ici de cette belle expérience collective, cela vaut le coup de la partager pour que de nombreux autres cornacs la vivent. Vive le GS Entraid, merci Fred d'être qui tu es.
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Ven 18 Mai 2018 - 21:05

Y'a pas à dire Fred tu écris bien, on sent bien les émotions dans ton récit.
Bravo
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Sam 19 Mai 2018 - 11:45

Merci Stéphane
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Mar 22 Mai 2018 - 19:48

Merci beaucoup Fred pour le partage, quel plaisir de lecture !!!
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Mer 23 Mai 2018 - 9:42

Bonjour ..
Dans l'attente d'autres Cr des la part des participants et de la vidéo de l'édition voici un petit diaporama qui résume cette sixième édition.....
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Ven 25 Mai 2018 - 14:56

Nous sommes le 30 avril

Cela fait plusieurs mois que j’attends ça, enfin le départ pour la nouvelle édition du GSE.
C’est mon 4ème voyage au Maroc, les deux premiers en GSA LC, les 3eme et celui-ci en africa twin.
Cette année nous sommes 20 motos, ainsi que notre précieuse assistance composée de deux 4x4.
Moto sur la remorque, direction aix en provence, où mon ami Guy m’offre le gite et le couvert.
Le lendemain matin, départ à 7 heures direction Barcelone par l’autoroute.
Plusieurs lieux de rendez-vous sont fixés pour récupérer les membres qui prennent le même bateau. D’abord deux, puis 6, pour finir à 11 motos. Chaque arrêt dans les stations de service suscite la curiosité. Il faut dire qu’équipés comme nous l’étions, avec nos sacs et nos pneus de secours solidement attachés à nos montures, ça avait de la gueule…
Après près de 6 heures de route nous voilà enfin à Barcelone. Après un déjeuner au soleil nous prenons la direction du port où Fx nous attend dans son 4x4.
On embarque avec quelques heures de retard (il ne pourrait en être autrement avec GNV…) et ça y’est c’est parti.
Nous profitons de la traversée pour faire un peu plus connaissance. Guy nous honore avec son désormais célèbre rhum arrangé, ça discute, ça déconne. Ça y’est, le GSE a commencé.
Nous arriverons à l’hotel à Tetouan le 3 mai vers 3 heures du matin. Malgré cette heure tardive, Fred et Nico nous attendent pour nous tenir informés de la suite des évènements. On monte rapidement se coucher car dans quelques heures les choses sérieuses commencent.
 
J1 : Tetouan – Ketama.
Comme à chaque fois au début ce genre d’aventure, la petite boule au ventre est là au réveil. Je n’avais pas touché ma moto depuis près de 6 mois. L’objectif est clair : reprendre mes repères et y aller tout doux.
La journée commence par une portion de goudron d’environ 60 kms à l’issue desquels on doit se regrouper avant de prendre la première piste.
Celle-ci est roulante. Ça grimpe, ça descend,  chacun prend son rythme et nous roulons au gré des petits groupes qui se forment tout au long de la matinée.
Les paysages sont splendides, les flancs de montagne verts avec l’agriculture, et la mer en arrière-plan.  . Stéphane émerveillé en oublie de regarder sa route, il finit dans une immense ornière sur le côté mais par je ne sais quel miracle  arrive à en sortir sans gamelle. Première piqure de rappel !
Quelques kms plus loin, c’est autour de Nico. Au détour d’une ferme, une poule décide de lui faire l’intérieur. Afin d’épargner la vie de celle-ci, coup de frein, coup de guidon et bim, première gamelle assez violente vu de derrière.  Heureusement le gaillard est costaud, il se relève, en une fraction de seconde la moto est sur les roues, c’est reparti.
Le raid s’est scindé en deux groupes. Le second groupe ayant trop de retard sur le nôtre, nous décidons de rouler séparément et de nous retrouver à Ketama.
Ahh Ketama. Un no man’s land où au moindre arrêt on nous propose du haschich, dont la ville est la capitale mondiale. C’est lugubre, sale et le regard des autochtones est antipathique :
-          Achète du hasch, 50 euros 50 grammes
-          Non merci monsieur ça ne m’intéresse pas.
-          Mais si avec les motos tu passes facilement els douanes.
-          Non vraiment j’insiste
-          Pourquoi vous venez alors ? ici on n’a que ça !!!
Tout est dit…
Fred avait chargé l’équipe locale de nous trouver un coin de bivouac, dans la nature, avec si possible un coin d’eau. A notre arrivée Driss nous indique qu’il a trouvé l’endroit rêvé. On le suit, on s’enfonce dans la ville, de plus en plus lugubre. Enfin on arrive devant…. Difficile à décrire. Une espèce de maison en ruine, avec tout autour quelques carcasses de voitures. Bon, comment dire, je crois que ça ne va pas être possible… Guy prend la tête de l’insurrection, et d’un ton très calme et posé informe Driss que ‘non, c’est juste pas possible, et il est hors de question de rester ici’ .
Le chef est mis au courant, et comme d’habitude dans ce pays, il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions, il faut juste être patient…
Un lieu de bivouac est trouvé en pleine nature à quelques kms de là. On s’y rend, fatigués d’une longue journée. Ce soir-là, personne  ne fit long feu.
 
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le fameux lieu de bivouac 


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le lieu retenu finalement


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J2 : Ketama – taza
Le réveil est difficile pour certains. La nuit a été fraiche, et ceux qui n’ont pris qu’un léger duvet l’ont amèrement regretté. On replie les tentes, petit déj local et c’est reparti.
A nouveau, quelques pistes sur les reliefs, tout aussi belles, mais aujourd’hui la météo est menaçante, il fait plutôt froid. Je n’avais pris que ma tenue enduro et des sous-vêtements techniques utilisés également pour les sports d’hiver. Je m’attendais à me les cailler sévère, mais finalement ça a été, d'autant que l'après midi le beau temps était de retour
Rapidement nous arrivons sur des pistes prêtes à être goudronnées. Le sol est dur, et couvets de petits gravillons. Au moindre freinage, au moindre virage, on serre les fesses. L’adhérence est inexistante, vivement que ça se termine.
Nous arrivons à Taza où de mauvaises nouvelles nous attendent. La météo est capricieuse. Il va falloir probablement changer notre parcours, car celui initialement prévu passe par des cols à plus de 2000 mètres, probablement enneigés. On décide de nous rendre à Midelt où nous prendrons la décision de contourner ou non.

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J3 . Taza - Midelt


une superbe journée. nous avons continué à rouler en altitude, alternant piste et et portions de goudrons tellement délabrées qu'on pourrait associer ça à une piste.
les virages s’enchaînent, ça monte, puis au détour de l'un d'eux la neige est là sur le bas coté.
Il n'en fallut pas plus pour que les ados du groupe abandonnent leur moto pour s'adonner à une bataille de boule de neiges. Personne n'est épargné. 
sournoisement, chaque nouvel arrivant était prié d'aller se garer plus loin, et aussitôt arrivé à bonne distance était bombardé. 
Mickaël, qui avait le malheur de ne pas avoir de visière, a eu le droit à un traitement de faveur. Parait il qu'un membre du groupe, emporté par son élan lui a même balancé son casque.

la preuve en image ici : https://www.facebook.com/laurent.carrein/videos/1978410045502333/?t=33

Après cette courte pause (une heure le temps que les enfants se lassent),  on reprit la route. 
Moins de 50 kms plus loin, on passe de la neige à des terres arides, avec herbe à chameau et ce qui va avec.
La piste est plus cassante, et c'est là que mon africa twin exprime pleinement son potentiel. Bien plus à l'aise que la Gs sur ce type de terrains, elle met rapidement en confiance, un peu trop d'ailleurs.
Patrick m'invite à prendre les devants pour ouvrir, je ne me fait pas prier.
1ère, seconde, 3 ème... La moto fait des merveilles, je la balance d'un coté à l'autre de la piste au gré des obstacles, je prends mon pied, quel régal. Je me retourne pour voir si ça suit... personne derrière. Merde un souci.
Puis je vois Boucanier arriver, me faisant signe que non, tout va bien, je me suis juste un peu trop emballé. Je décide alors de le laisser passer devant, ça me permet d'avoir un garde fou pour ne pas me faire mal.
Sauf que, afin de prendre quelques photos du groupe, il décide d'accélérer la cadence pour avoir le temps de s'arrêter et sortir son appareil. Un virage, puis deux, et là grosse ornière sur la partie droite de la piste (piste qui faisait 2 mètres de large tout au plus). Michel l'évite de justesse, mais il se fait peur, met un gros coup de guidon et perd l'avant. Outch, à 3 mètres devant moi il se prend une gamelle monumentale, passe par dessus la moto. 
je freine comme je peux, pour éviter toute collision je me fou volontairement dans l'ornière et abandonne ma moto au sol pour aller au plus vite à son secours.
le gaillard se relève, un peu sonné, mais pas de gros bobo. Ouf, j'ai franchement eu peur.
la moto s'en sort un peu moins bien, garde boue, retro, protège main, crash bars .... bref, y a du dégat, mais mémère est tout de même prête à repartir.

on continue la piste, sauf qu'à un moment, un oued asséché la traverse. Là où nous sommes, l'oued est profond de plusieurs mètres, impossible de traverser. 
On fait Demi tour, on le longe, puis on repère un endroit où la traversée est possible.

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j'ai dit possible, pas facile ...

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Le raid est divisé en plusieurs groupes. Certains étaient même supposés prendre la route après un coup de mou la veille. C'était le cas de Claudie et Eric.

Supposés car quelle fut notre surprise quand au bout de cette piste, nous apercevons ces deux là faisant une pause avant le goudron.

Le sourire et le bonheur de Claudie se voit à travers son casque. A plusieurs mètres d'elle on entendait déjà des hurlements :
'Je l'ai fait, je l'ai fait' !!!!!!

En effet, plutôt que de prendre la route comme prévu, ces deux là ont décidé de continuer par la piste, avec des passages franchement délicats, des moments où il fallait chercher son chemin... Bref, il y'avait en effet vraiment de quoi être fier.


une fois sur place, les caprices de la météo se confirment. Laurent et Jerome qui sont sur place nous indiquent qu'ils changent de région, il fait bien trop froid.

On prend donc la décision de changer de parcours, de piquer vers le sud à la recherche de chaleur.

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J4 : Midelt - Bivouac
En partant de Midelt, nous avons d'abord fait un saut au cirque de Jaffar, que beaucoup attendaient. Même si désormais la piste est ultra roulante (en attente de goudronnage), les paysages n'en restent pas moins sublimes. une fois arrivé tout en bas, plutôt que de continuer sur la trace prévu, on décide de faire demi tour pour contourner, comme décidé la veille.
Au déjeuner, nous parvenons à définir un nouvel itinéraire, mais n'ayant pas de trace, nous serons contraints de rouler en groupe.
La piste est cassante par moment, il fait près de 30°. Régulièrement nous devons chercher notre chemin. Certains membres commencent à accuser le coup à cause de la fatigue. 
Nous parvenons à trouver un coin de bivouac derrière un oued (toujours asséché) avec un petit banc de sable (ça commence !!!). Quelques chutes, les uns passent les moto des autres, ça y'est on s'installe.
Certains irréductibles qui n'ont pas eu leur dose décident d'aller jouer encore un peu.
C'est ainsi qui Nico, Yann, Alain et moi décidons de longer l'oued rocailleux à la recherche de terrains de jeu.
Le terrain est très technique. Grimpette, sable, gravier fin et profond, terrain trialisant avec bosses, trous... Bref, quelques gamelles sans gravité, mais qui finissent par nous épuiser. On décide alors de rentrer.
Sur le retour Alain très à l'aise dans ce genre de terrain n'hésite pas à nous faire apsser par tous les coins pourris qu'il voit.
ça n'a pas manqué, en le suivant je me retrouve face à un marche dont j'ai mal jugé la hauteur. La roue avant passe, le sabot se pose, et moi je passe par dessus.
La moto se retrouve tête en bas et cul à l'air. C'est pile à ce moment là que tous mes acolytes ont décidé de tomber également. Sur 5 mètres il y'avait trois motos par terre.
On finit par redresser la mienne, elle pisse l'huile.... et merde.
On rentre au bivouac, on regarde, chiotte, encore de l'huile et le sabot est décroché à moitié.
Je fais appel à notre ingénieur en chef, Gérald, qui regarde, fait le tour de la moto, puis regarde encore sans rien dire.
Et puis là le mot magique : 'ça y'est j'ai compris'.
Bilan, l'huile venait des purges (la moto ayant fait la grande roue pas étonnant), quant au sabot, c'est la platine sur laquelle il se visse qui est tordue.
On démonte tout, on redresse, on revisse, ouf c'est bon.
ça suffit les conneries pour aujourd'hui, dîner et dodo.
Le lendemain, un autochtone est venu négocier avec nous pour échanger sa monture contre la notre. Après essai mes camarades ont préféré garder la leur, au plus grand malheur de notre hôte.
nous avons repris pendant quelques kms, avant de prendre le goudron direction Boulemane Dades.

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J5 : Bivouac- Bivouac
 
Aujourd’hui on attaque la piste qui mène au Belkacem. L’ayant fait en novembre dernier, je préviens mes camarades : 'c'est un petit col, sur à peine 300 mètres. Par contre, tu verras, c'est légèrement cassant'..

La piste est roulante, mais avec quelques bancs de sable. A nouveau certains se plantent dedans, mais sans bobo.

On arrive à la montée du belkacem. Les plus à l'aise la passe sans souci, les autres... comme ils peuvent.

Patou vient me voir en me disant 'oh finalement ça va je m'attendais à pire', ce à quoi je lui réponds 'attends ça c'est la montée, t'as pas vu la descente ...'

Et en effet, sur la descente, ce fut plus délicat. Malgré la difficulté, très peu ont posé leur moto, car les autres membres du groupe les aidaient à passer les obstacles.

L'ayant déjà fait, je savais que le seul moyen de le passer efficacement, c'est gaz, sans se poser de question. De cette manière, ça passe assez facilement (mais bon, encore une fois les suspensions de la CRF et la roue de 21 aident beaucoup). 

Nico, toujours en recherche d'un challenge, décide alors de le remonter, puis de le redescendre une seconde fois...


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Après le col, Stéphane et moi avons fait une petite escapade sur une piste roulante, mais qui a des petites ravines en travers. Si on connait pas et on arrive un peu trop fort, il y a moyen de s'envoler méchamment.

La journée se termine par un bivouac dans la bonne humeur, comme tous les soirs.

J6 : Bivouac- Boulemane

Une journée où on a fait essentiellement du goudron afin de rallier boulemane Dadès, où nous retrouvions la trace initiale.
nous profitons de cette fin de journée pour aller faire un tour sur les pistes alentours en repérage pour le lendemain.
Celles-ci étaient non seulement praticables, mais accrochaient comme il fallait pour pouvoir nous faire plaisir. digne d'une spéciale, vivement demain. 
Sur le retour, on décide de prendre le goudron. Sauf qu'à un moment, un oued en crue passait sur la route. un véritable torrent, impossible à traverser. Les locaux en voiture sont également arrêtés.
on attend une bonne demi heure que le niveau d'eau se baisse pour pouvoir traverser.

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J7:  Boulemane - Bivouac

On retrouve enfin la trace, chacun peut rouler à son rythme.

la journée commence par de la navigation au cap, puis rapidement on rejoint la fameuse spéciale, où on a pu s'en donner à cœur joie.
nous étions quelques uns à nous tirer la bourre. Les roues arrières qui dérapent à la sortie des virages, les freinages appuyés ... Bref, c'était vraiment génial. 
Plus de galanterie ou politesse, un coup de klaxonne pour prévenir celui devant et on double comme un furieux.
jamais ma CRF n'était montée aussi haut dans les tours. Arrivés au bout de cette piste le bonheur pouvait se lire sur tous les visages.

La journée continue, on suit la piste puis un moment on se retrouve dans un pierrier qui grimpe. On croise alors un mec seul en 690 rallye. Aussitôt en voyant nos bécanes nous dit 'non mais là faites demi tour, c'est comme ça sur 15 bornes'.
Ah oui, quand même... on fait donc aussitôt demi tour, on contourne tous le fameux col cassant pour rejoindre la trace plus loin.

Un membre s'est encore fait remarqué à cette occasion.. Nico, une fois arrivé sur la trace, l'a prise à l'envers. Donc au lieu de continuer vers le bivouac, il est retourné en arrière, vers la partie cassante ...
Heureusement grâce aux outils de géolocalisation, on a pu voir qu'il se déplaçait, et allait nous rejoindre.

on rejoint une station service, j'en profite pour demander à un local s'il y'a un coin pour bivouaquer à coté d'un puits. Il monte alors sur sa petite mob, et nous invite à le suivre.
  
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J8:  bivouac - Bivouac

Nouvelle journée dans ces terres arides. 
On commence à voir de plus en plus de sable, il fait chaud.
Mais pour l'instant, les pistes sont encore très roulantes.

En fin de journée, à nouveau de la navigation au cap, sur une 15 aine de kms.

Chacun choisit sa trajectoire. 
Un groupe part sur la droite en suivant la piste, moi je décide de tirer directement sur le cap.
Un peu de sable, un peu de cailloux, et dès que c'est roulant gaaaaz. Je ne vois personne à l'horizon, mais qu'importe, j'ai une totale confiance en mon TRIPY, bien supérieur au garmin pour maintenir un cap.
petit à petit l'étau se resserre. je vois Yann 500 mètres à droite qui commence à piquer vers moi. On se tire une petite bourre, les yeux tantôt sur le GPS pour garder le cap, tantôt à l'horizon pour définir quel est le meilleur point de passage.
On se prend au jeu, on se croise, recroise, aucun de nous deux ne semble vouloir laisser l'avantage à l'autre. Je jette un coup d’œil rapide sur le compteur,  plus de 120 km/h, mais l'autre lascar me colle toujours au train.
Arrivé au waypoint de rendez vous, l'explosion de joie, quel pied, on s'est vraiment régalés.
Il est encore tôt quand on arrive au point de bivouac, Fred nous trouve un coin avec des dunes. Il n'en fallait pas plus pour nous rendre heureux.
Comme d'habitude, les plus sages posent leurs affaires, tandis que les autres iront jouer dans le bac à sable.
Après 10 minutes et quelques tankages, Seb jette l'éponge, épuisé avec sa grosse GSA, Alain s'y essaye, même tarif.
Les infatigables Yan et Nico sont quelque part, on n'entend que leur moteur rugir, probablement coincés quelque part dans le sable également.
Stéphane, lui, essaie de grimper sur des dunes aux pentes impraticables avec nos montures. Forcément, sa se finit à la poussette.
Un super moment. Vient l'heure de l'Apéro. Le vin coule à flot, c'est à ce moment là que Nico décide de tester les autres sur les épreuves du Gs trophy, mais avec quelques grammes dans le sang...
la soirée continue, les verres se remplissent. Pour avoir la paix le chef nous envoie chercher je ne sais quoi à 1 km de là, le tout au cap (et à pied).
Nous sommes partis chercher un trésor, nous sommes revenus avec un nouveau membre dans le groupe. Mickael avait disparu, et un un certain Moralès a pris sa place .
Animé d'une certaine rage, il a réussit à monter un groupe commando pour mener une mutinerie. La suite des événements, je pense qu'il vous la racontera mieux que moi.

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J9:  Bivouac - ouled Driss


A venir.
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Ven 25 Mai 2018 - 19:54

Merci Mehdi, on s'y croirait. Il y a pas d'autres participant(e)s qui peuvent nous donner leur vision ou version!!!
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Whiteric
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Ven 25 Mai 2018 - 20:09

T'inquiete Jerome, d'autres CR ou impressions suivront !
Mehdi écris si bien !!!!!!
Merci Mehdi , tu me fais revivre ces beaux moments avec des personnes MAGNIFIQUES !!!
Vivement les autres CR , photos, vidéos ...........  [geek]
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Whiteric
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Ven 25 Mai 2018 - 20:35

Grand merci Mehdi de ranimer des souvenirs encore très présents. Une fois de plus tu m'as touchée. Je veux que tu saches que ta présence a été déterminante pour moi.

Claudie
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Millusk
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Ven 25 Mai 2018 - 20:43

Ca me fait plaisir de te lire Claudie. Attend la suite, si tu te souviens bien, le j9 a été particulier pour toi  : )
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Jeu 31 Mai 2018 - 7:19

Bonjour 
Le G-S Ent'Raid c'est quoi ???? c'est ça !!!!!!!!
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Timberball
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Jeu 31 Mai 2018 - 8:08

Génial ta vidéo Fred ça donne vraiment envie d'y retourner...
Merci aussi à Millusk pour son CR, vivement la suite.
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Jeu 31 Mai 2018 - 8:41

Timberball a écrit:
Y'a pas à dire Fred tu écris bien, on sent bien les émotions dans ton récit.
Bravo

Tout à fait !
Malgré la poisse de cette défaillance tu auras vécu le Maroc
d'une autre façon dont tu as un secret de narration certain !! [coO1]
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Gi-nox
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Jeu 31 Mai 2018 - 11:40

Millusk a écrit:
Ca me fait plaisir de te lire Claudie. Attend la suite, si tu te souviens bien, le j9 a été particulier pour toi  : )


Je prends déjà beaucoup de plaisir à vous lire  !! [coO1]

 je poursuis ! cafe
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Millusk
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Jeu 31 Mai 2018 - 12:30

Avant d'attaquer la suite du récit, j'aimerais saluer les hommes de l'ombre, sans qui le GSE ne serait pas le GSE.

Bon évidemment y'a Fred, dit le chef. Chaque année ce sont des mois de travail acharné pour nous permettre dans voyager dans ce beau pays qu'est le Maroc de la meilleure façon possible.
Nous petits veinards avons juste une chose à faire : grimper sur les motos et profiter, tout a été prévu pour nous. Comme a dit Michel, c'est presque le club med (quoi que il a changé d'avis sur la question).

La variété de décors et des pistes font qu'en ce qui me concerne, même après 4 voyages moto dans ce pays entre mai 2016 et mai 2018, je suis toujours aussi émerveillé par ce que je vois.

Fred,  :]5sur5[:.

Puis Nico, le belge qui se prend toujours pour un breton  sourire 2.  Une sacré grande gueule, qui râle, qui dit ce qu'il pense, et qui n'a pas pour habitude de garder ses idées dans sa poche. Mais dès qu'on gratte un peu, on découvre un sacré mec, un VRAI gentil comme il en existe peu. Prêt à toutes les concessions pour que le voyage se passe au mieux et que les participants ne manquent de rien, et ça va de la déboulonneuse à la pata negra.

Enfin Fx, notre saint bernard. L'homme dont le sourire est indélébile, même lorsqu'une bande d'ivrognes se jettent sur lui en pleine nuit pour dévaliser son stock d'alcool. A la moindre galère, à la moindre difficulté, il suffit de tourner la tête pour le voire se précipiter pour filer un coup de main.

Messieurs, au nom de toute la team,  [MERCI].

Bref, passons aux choses sérieuses.

J9:  Bivouac - ouled Driss


Le réveil ce matin est difficile. Nous sommes nombreux à avoir mal aux cheveux après la soirée d'hier disons... arrosée. 
On peut lire  sur le seul oeil visible son immense déception. En effet Nico a bravé toutes les difficultés en moto, survécu à l'attaque d'une poule, grimpé 12547 fois les dunes de la veille, pour qu'au final ça soit un doigt malencontreux dans l'oeil qui mette en péril son voyage. 
On organise son trajet vers l’hôpital de Zagora avec avec l'autre Nico et Christian, le proprio du doigt en question. Le reste du groupe se prépare pour cette nouvelle journée.

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Celle-ci commence par une 50 aine de kms au cap. Je me lance derrière Yan et Seb. ça roule de manière soutenue, quand tout à coup je me retrouve face à une marche d'une 30 aine de cms sur la piste. 
Pas le temps de freiner, je serre les jambes, plie les genoux, et retiens mon souffle.  La moto décolle avant de s’écraser au sol. Je sens le sabot qui racle par terre, je reste debout. Bon, je vais y aller molo...
Les deux devant moi ne ralentissent pas, je décide de quitter la piste et suivre le cap. Pas terrible finalement, beaucoup d'herbe à chameaux, des obstacles de tout genre qui font que j'avance assez lentement.
Je me retrouve le long d'un oued asséché qu'il faut traverser, mais pour le moment il est bien trop sableux et accidenté pour m'y aventurer. Je le longe en guettant le bon point de passage quand tout à coup je vois un casque s'agiter en plein milieu.

Première connerie, au lieu de laisser la moto là et d'aller voire, je fonce dedans comme un con. Je vois qu'il s'agit de Seb, il essaie de traîner la moto par terre hors du trou sous sa roue arrière, il est déjà en age (il faut dire que le thermomètre affiche déjà 30 °).
2 ème connerie, au lieu de traverser l'oued puis revenir l'aider, je m'arrête à sa hauteur.
On redresse sa moto, on arrive à le sortir, sauf que du coup, c'est moi qui suis tanké. rebelote, on pousse, on tire, ça y est on est sortis.

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Entre temps nous avions aperçu un drôle d'animal sautiller un peu plus loin en agitant les bras.

C'était Patrick, qui à son tour s'était mis en galère un peu plus loin. 3 ème connerie, pour aller l'aider Seb et moi décidons de retraverser l'oud au lieud e laisser la moto sur place et y aller à pied. Résultat.... vous avez tout compris.

Finalement Patrick est passé avec Eric et Seb, il restait ma moto et celle de Claudie. On décide d'aller chercher un passage plus simple un peu plus loin.

Pour remettre les choses dans le contexte, Claudie n'avait que quelques jours de TT avant de venir au GSE. Depuis elle a fait de la caillasse, de la piste roulante, un petit peu de sable la veille.

Je décide de tenter de traverser une première fois l'oued, oula, . Sable profond, bosses, trous ... on va galérer, je fais demi tour pour chercher un peu plus loin.

Voilà notre point de passage, un peu de sable, mais rien de méchant. On traverse, ça passe, mais Claudie tombe une fois au bout. Je l'aide à se relever, et là je vous que la pauvre est complètement cuite.
La douleur des précédentes chutes est toujours là, et manifestement elle ne tient plus qu'au mental, car physiquement elle est exténuée. 

On décide de rouler à 3 : Eric ouvre la voie, suivi par Claudie et moi qui ferme devant les 4x4.  C'est reparti. 

Le sable est de plus en plus présent, et non seulement les chutes de plus en plus nombreuses pour Claudie, mais également de plus en plus violentes. 
J'ai connu exactement la même situation au GSE 2017 : on n'a plus l'énergie pour tenir la moto, et la peur de la chute nous fait faire des conneries. Avec Eric on l'aide comme on peut, on essaie de trouver les mots justes, mais quand c'est comme ça, on a juste envie de brûler sa moto et de rentrer chez soi.

Malgré tout elle s'accroche, on passe comme on peut, putain de sable. Avec la fatigue vient le manque de lucidité. Eric voit une longue bande de sable sur la piste mais décide d'y aller alors qu'au bord de la piste c'est du dure. Claudie le suit.
Je vois Eric qui se plante assez violemment tout au bout (il se sera retourné le pouce avec cette chute), et Claudie devant moi en fait de même, et s"écrase de tout son poids sur son épaule.

Outch, c'est la chute de trop, elle en peut plus. C'est là que le chauffeur de 4x4 marocain m'annonce qu'il sait conduire une moto, et qu'il peut éventuellement prendre le relaie laissant Claudie se reposer dans le 4x4.
Celle-ci accepte. On équipe notre nouveau motard, on lui explique le fonctionnement de la 800 Gs, mais on est pas trop rassurés, notre hantise serait qu'il se fasse mal en voulant rendre service.

Le bougre ne mettra pas longtemps à nous convaincre,  après quelques centaines de mètres il met gaz, roule à plus de 100 km/h. Il faut dire que Claudie avait passé le dernier banc de sable avant de rendre les armes.

On retrouve le reste du groupe à un poste militaire, puis on s'arrête pour déjeuner.

L'après midi Claudie décide de rester dans le 4x4. Nous savions qu'un col cassant nous attendait. Ahmed n'est pas rassuré pour son 4x4 que l'apprenti cuisinier conduit. Yann, Eric et moi décidons de rester derrière pour nous relayer pour passer la moto de Claudie au cas où il décide de reprendre son 4x4.

Finalement il n'y en a pas eu besoin, tout le monde est passé tranquillement, devant nous désormais des pistes roulantes sans réelle difficulté.

On fait cependant pas mal de pauses pour voire si les 4x4 suivent, ça rassure Ahmed, sauf que vers 15 heures je prends un sérieux coup de chaud, j'en peux plus, je décide de tracer devant (suivi par Yann). On rejoint le reste du groupe dans un café, une petite pause et zou, dernière ligne droite avant l'hotel le Pacha, où nous attend notre journée off bien méritée.



J10:  Jour off

comme le veut la tradition, journée consacrée à la mécanique, piscine et repos.
Nous ferons juste une petite excursion pour voire le coucher du soleil dans les dunes.

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J11:  Terminus descendez

Aujourd'hui, c'est en pleine forme que nous quittons Ouled Driss.

Au programme, navigation au cap pour changer.

Entre le point de départ et celui d'arrivée se dresse une immense barrière de dunes, qu'il va falloir contourner.

Si certains aiment rouler en petit groupe, je décide de partir seul de mon coté. Je trouve que cette façon de rouler est vraiment géniale. Un cap à suivre, le reste c'est à nous d'improviser.
Je choisis volontairement de ne suivre aucune piste tracée. Le regard au loin pour trouver mon point de passage. Le principe est toujours le même : trouver un point de passage où la difficulté est raisonnable, et éviter de faire de longs détours.
Je roule avec personne en vue. Trouver sa trajectoire au milieu du sable, des oueds, ... et dès que ça roule, on prend un peu de vitesse. quel pied.

Petit à petit je vois au loin 2 motos, qui se rapprochent de plus en plus. Il s'agit de Patrick et Stéphane.

ils arrivent à mon niveau alors que je suis en pleine hésitation devant un cordon de dunes : contourner par la droite ou la gauche ?

Patrick nous fait signe d'y aller par la droite, aller go.

Le cordon se fait de plus en plus petit, on passe quelques bancs de sable. Alors que Patrick et Steph continuent à contourner, je décide de passer dedans pour suivre le cap. Du sable, des bosses, et et encore du sable. Je serre les fesses, je prends soin de garder une certaine vitesse et ne jamais couper les gaz sous peine de me tanker, ça y est j'en suis sorti, je ne vois plus mes deux camarades.

Je continue, et après le sable me voilà dans un pierrier. c'est éprouvant, ça tape fort, merci la CRF et sa roue de 21. un oeil sur le cap à suivre, l'autre sur la piste pour choisir ma trajectoire. km après km je me rapproche du WP de RDV. ça y'est, j'y suis. Cette dernière partie dans la grosse caillasse était vraiment physique, je vais me planquer à l'ombre d'un arbre.

Quelques minutes après, j'entends des motos. Je vois au loin les deux moto. Ils ont réussi à récupérer une piste plus loin, et dont à priori ont évité le pierrier.

On se rejoint, et on attend le reste du groupe qui arrive au compte goutte.

45 minutes se sont écoulées depuis notre arrivée, et il manque 4 motos, parmi lesquelles Olivier qui semble avoir des difficultés. 
Je ne sais pas j'avais un mauvais pressentiment, je décide d'aller les chercher, Yann se propose de m'accompagner.

C'est reparti dans le pierrier. Contrairement à l'aller où j'étais 100% concentré sur ce que je faisais, cette fois ci je regardais régulièrement au loin pour chercher le groupe. A peine quelques dizaines de mètre plus loin, ma roue avant est déviée par une grosse pierre, je pose la moto comme ça m'est arrivé tant de fois par le passé. Sauf que cette fois-ci, le cylindre droit vient heurter la fameuse pierre.

En voulant relever la moto, je vois le geyser d'huile se déversant par terre. J'ai vite compris que pour moi le voyage était fini. Les premières minutes, j'essayais de contenir la rage qui montait en moi. j'étais furieux, je m'en voulais, je n'avais qu'une envie c'est de brûler cette moto.
Puis, avec l'aide des copains, je me suis calmé. Si c'est arrivé, c'est que ça devait se passer ainsi.

On a mis la moto sur la remorque de Nico, direction Zagora.

En chemin, voilà que l'embrayage de Fred le lache également. La remorque étant déjà occupée, il se fait tirer par une corde sur 70 kms jusqu'à Zagora.

La suite de nos aventures, il vous l'a raconté.

Malgré cette mésaventure, ce GSE est allé au delà de tout ce que j'espérais. J'étais heureux de revoir les copains des éditions précédentes, et ravi de faire la connaissance de tous les nouveaux. 
Il ne s'est pas passé une seule journée sans fou rires, sans entr'aid, et sans bonne humeur générale.
plus de 20 personnes vivant ensemble presque 24 / 24, on pouvait s'attendre à quelques tensions. Il n'en fut rien.

Mon Cr prend fin ici, au suivant :)
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Ven 1 Juin 2018 - 7:36

C'est vrai que la journée off chez le pacha est la bien venu un oasis avec piscine en plein milieu du désert tellement irréel quand on y arrive.
Dommage que ça se termine comme ça pour toi!
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Mike67280



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MessageSujet: CR GS Ent'Raid 2018 par un petit nouveau   Ven 1 Juin 2018 - 8:11

CR Maroc : Partie I
 
Arrivé à l’aéroport de Malaga dans la matinée où je rejoins Gérald pour prendre un taxi et aller à notre hôtel. Nicolas et Marie-laure arriveront un peu après avec le 4x4 d’assistante et nos motos chargées sur la remorque. La pression commence à monter gentiment, nous y sommes, et l’idée d’être le boulet pendant 15j commence à occuper mon esprit. Il faut que je sois à la hauteur.
Tout le monde est arrivé, nous déchargeons les motos et les bagages, tout est fin prêt pour le départ. Nous irons diner dans un restaurant au bord de la plage.
Le réveil sonne à 6h, nous avons 170 km à faire ce matin pour aller prendre le bateau, passer la frontière et rejoindre ensuite Tétouan, point de départ de notre aventure. Le passage de frontière est assez impressionnant, Nicos et Fred vont découvrir que leurs motos n’avaient pas été enregistrées comme ayant quitté le Maroc l’an dernier, début des discussions et négociations pour eux. Pour moi les formalités se font plutôt rapidement, sauf que ça bloque avec un douanier qui vérifie ma moto, aie !!! que se passe t’il ? Les papiers que j’ai remplis moi-même et la plaque ne sont pas les mêmes, j’ai mis un C au lieu d’un G. Discussion entre collègues, une petite rature pour corriger et il me laisse passer. Après une petite heure, je suis enfin au Maroc, je me voyais déjà resté planté là. Je suis un peu choqué de voir tous ces gens agglutinés sur le bas-côté. Certains essaient de passer sous les grillages pour rejoindre l’Espagne. Nous passerons la nuit au Dreams ‘s Hôtel à Tetouan, nom évocateur pour le véritable départ de cette belle aventure.
Pleins faits, nous partons en groupe du centre-ville pour commencer à suivre notre trace. Je suis équipé, 2 téléphones, un GPS, et un lecteur de roadbook fabriqué avec un boitier de cassette vidéo. Comment pourrai-je me perdre ?
C’est une très belle journée, nous découvrons de magnifiques paysages, verdoyants, entre mer et montagne. Je suis le rythme du groupe, je me rassure et me sent plutôt à l’aise sur les pistes assez roulantes avec quelques passages techniques. J’adore la descente avec les virages en épingles. Quelques chutes déjà pour certains qui se sont engagé dans des ornières bien profondes. L’entraide commence à s’organiser, on s’aide à relever les motos. Il faut rouler à vue et bien lire le terrain, même si les pistes sont roulantes, elles sont parsemées de petits pièges. La pause déjeuner se fera à la terrasse d’une épicerie dans laquelle nous achetons nos boites de sardines et maquereaux.  Nous sommes au cœur de la cordillère du Rif, berceau de l’agriculture marocaine, nous devons rejoindre Issaguen (appelé aussi Ketama). Le point de rdv est à l’entrée d’Issaguen à la station essence où nous attendent le chef et les 4x4 d’assistance, j’arrive en retard avec Eric car mon moteur s’éteint à plusieurs reprises, c’est un problème au niveau de la sécurité de la béquille. Je perds à nouveau le groupe coincé derrière un camion qui fait une manœuvre et bloque la route. Je suis un peu sous le choc, la ville est plutôt sale, la route est en terre battu jonché de détritus, la place grouille de monde, le boucher à ciel ouvert fait étalage de sa viande et à allumer un barbecue, je ne me sens pas très à l’aise, seul, harcelé par les vendeurs de rêve. Tout le monde fini par se regrouper et nous devons trouver un endroit pour notre bivouac, en effet, l’équipe marocaine, partie en en avance, a choisi un endroit selon des standards hôtelier un peu différents des nôtres. Après un petit moment de tension, nous trouverons un endroit plutôt sympa à côté d’une rivière. Les tentes sont rapidement installées, après un bon repas, tout le monde se mets au lit, le réveil sonnera à 6h demain matin.
 
Départ pour Taza aujourd’hui, nous allons parcourir des pistes de montagnes, le moyen atlas et les montagnes du Rif se rejoignent. J’ai froid, il fait 7°, la route de liaison est couverte de gravillons, la fatigue, le froid, me font perdre confiance en moi, je perds de vue le groupe, Gérald s’arrête régulièrement pour que je le rejoigne, mais je le perds aussi vite, je n’arrive pas à suivre la cadence.. Apès cette journée un peu difficile pour moi nous dormons à l’hôtel les pyramides à Taza.
C'est au départ de Midelt que nous avons décidé d'éviter le Haut Atlas à cause de la météo, et que nous avons dévié le cap vers le sud . Donc Taza- Beni Tajjit, Bivouac à la sortie de Beni Tajjit,(avec petite tornade). Ensuite photos sur piste en toufna et passage de Belkacem. Ensuite récup de la route à Tagounite et direction Errachidia (et la source bleue de Meski).
Aujourd’hui en route pour nous rendre à Midelt. Je suis en forme. Nous parcourons de belles pistes, routes et routes défoncées, je lâche le groupe pour faire quelques photos et vidéos, je me régale, Patrick, qui a fait une petite erreur de nav me rejoint, nous continuons ensemble et commençons a aprecevoir de la neige, nous rejoignons le groupe, Gérald me fait signe de me garer à l’avant du groupe….les enfoirés, je reçois une salve de boule de neige, je venais d’enlever mon masque, je ressemble à une orange givré. Une bonne partie de rigolade, quelques photos et nous reprendrons la route. Les paysages changent rapidement nous nous retrouvons sur des pistes sèches, je découvre l’herbe à chameau, j’imaginais ça plus mou quand ma roue avant en touche une qui me remet immédiatement dans le droit chemin, je prends ça comme un avertissement et je vais essayer d’éviter les suivantes, c’est plus prudent. Nous tentons de passer des marches cassantes, j’en passe deux, mais je couche la moto sur la troisième, après quelques tentatives infructueuses, j’essayerai de suivre Guy et Laurent sur le côté à travers les herbes à chameaux, trois fois à terre, quatre fois debout, je peux compter sur l’aide de mes compagnons, mais je suis éreinté.  Nous reprenons la piste Je commence à me prendre pour un pilote, je me régale et je reprends confiance, je vais être vite calmé face cette oued assez profondes avec des gros cailloux, Yan et Nicos, cherchent et testent des solutions de passage : « c’est impressionnant, mais ça passe, venez nous rejoindre… ». Les uns après les autres tout le monde passe, certains ont fait un petit détour, je suis planté au bord de l’oued, je suis super impressionné, j’avoue, j’ai peur, ils sont tous passé avec de l’élan et moi j’ai pris l’option d’une approche lente…sous les encouragements du public je me lance et à coups de gaz, ça passe. Whouaa !!! je l’ai fait. Nous ne sommes toutefois pas au bout de nos galères, après ce coup de chaud, on jardine un peu au milieu des pierres et des herbes à chameaux, on repasse au milieu de l’oued, en évitant les portions ou Yan c’est planté, on fera une pause saucisson et eau qui diminue rapidement. Une bien belle journée qui s’achèvera à Midelt à l’hôtel Kasbha Asmaa. Ils servent de la bière, récompense bien méritée. Je mangerai un bon couscous servi sous forme de buffet. Sebastien nous offrira le digestif pour faire passer tout ça et enfin se mettre au lit, des images pleins la tête.
 
La décision est prise, nous devons éviter les intempéries des deux prochains jours, nous ne suivrons donc pas la trace prévue par le haut atlas mais nous allons descendre vers le sud, ce soir nous dormons en bivouac, à Beni Tadjit.
 Ce matin en route pour le col de Belkacem, je suis Olivier sur des pistes bien roulantes, on s’éclate nous devrons franchir de belles marches naturelles façonnées par la nature. Le GS Entr’aid va prendre toute sa dimension, en effet, tous les équipages s’attendent, relèvent les motos à terre, se filment, se photographient, s’encouragent, s’applaudissent, s’assurent... Un super moment de cohésion.
J’enchaine plutôt bien la montée, même si mon embrayage se vengera un jour, ça passe à l’arrache. J’ai bien fait de faire sauter une dent du pignon avant de partir. La descente m’inquiète plus, heureusement, après avoir posé la moto gentiment sur le flanc,  mes co-équipiers viennent m’assurer de chaque côtés et je me laisserai aller tout doucement, entre leurs mains bienveillantes.
Comme prévu nous contournons les zones touchées par les intempéries, nous filons direction Er-Rachidia, nous passerons deux nuits en bivouacs. Les paysages ont changé, les couleurs sont plus claires, le sol plus sec. Nous enchainerons les pistes tout au long de la journée et enfin nous arrêter à Bni Tadjite pour planter nos tentes. J’adore être en bivouac, je nous sens plus proche, je fais quelques photos de mes compagnons de route. Patrick se charge de découper la pata negra bellota, apporter par Nico et Marie-Laure. Nous mangeons un bon repas préparé par note équipe de choc (Driss, Amada et Ahmed), et je me charge de mettre un peu d’ambiance avec mon répertoire de blagues, accompagné par FX et Alain. Driis et Amada nous ferons un petit concert au bidon, Stéphane et moi ne nous nous faisons pas prier pour les accompagner et apprendre ce qui sera notre refrain tout au long de ce séjour : Mama Africa, Mama Africa, Africa Zina, Yié héhéhéhé, Yia hahahah, Africa Zina….Tombouctou . Une bonne partie de rigolade avant de se mettre au lit et après avoir dégusté la chartreuse.
Départ pour une virée au cap ce matin, je fais équipe avec Laurent et Grand Fred, ils gèrent les bougres, mais je garde l’œil sur maps.me, ça roule plutôt vite au travers de ce champs de cailloux, à un moment Laurent et moi partons sur la droite et Fred à gauche, je pense que nous sommes dans le vrais donc nous continuons, c’est un peu éprouvant mais nous arrivons au bout de cette épreuve et rejoignons Fred au point de rdv.
Nous allons maintenant rejoindre une piste rocailleuse, je me régale, je rejoins l’ensemble du groupe en fin de matinée, nous devons rebrousser chemin et prendre une autre piste car à priori la suite de notre trace est impraticable. Nous ferons une pause pour manger nos boites de sardines et maquereaux en plein soleil, il fait beau et chaud, très chaud. La descente nous révèlera des paysages superbes avec des petites oasis qui ponctuent le bord de cette piste qui est devenue rougeâtre et qui nous laisse découvrir de nouvelles montagnes à chaque sortie de virage. Nous continuons notre descente vers le Sud du Maroc et planterons nos tentes à Alnif. Bivouac trouvé après avoir passé quelques galets et un petit banc de sable. J’aime bien cet endroit. Un cavalier nous rendra visite avec un superbe cheval et un autre le lendemain matin et quelques-uns d’entre nous auront même le plaisir de changer de monture. Après une petite soirée tranquille, avec le luxe d’allumer un feu de bois, tout le monde ira au lit relativement tôt.
Lors du 2 ème jours de bivouacs, nous allons nous faire introniser GS Entr’aideurs, les anciens nous ont réservé une petite surprise et nous nous retrouvons encordés à la moto de Seb qui nous emmènera au pied de la dune que nous devrons monter ensemble sans nous défaire de nos liens. Pour clôturer la soirée, déjà bien arrosée, le chef nous donne un point que nous devrons rallier en naviguant au cap, nous irons à pied, à marche forcé. Une fois le point trouvé, je vais prendre le commandement de ce joyeux bataillon afin d’établir un plan et attaquer le fourgon qui contient les munitions, un groupe s’occupe du gardien, l’autre du coffre-fort, nous dérobons une véritable bombe qui nous servira de monnaie d’échange contre trois missiles chargés à blanc. Nous reprenons les opérations en dévastant une partie du campement, nous recutons un mercenaire belge qui nous aidera pour la suite des opérations. Un bel hommage rendu à mon ami Morales. Franche rigolade une bonne partie de la nuit, même pour ceux qui était déjà au lit.
Il fait déjà chaud ce matin, nous frôlerons les 40° dans la journée. Au passage du contrôle, les policiers nous offrirons le thé. Vers midi nous faisons la pause à l’ombre d’un palmier, nous nous rafraichissons au puit, nous imbibons d’eau nos chèches. J’ai du mal à manger tout mon pain avec mes maquereaux au piment, je n’ai pas très faim avec cette chaleur. On reprend la route, Yan me rattrape en klaxonnant, mon sac à dos à la main, je n’ai plus de cerveau, j’avais posé mon sac sur ma selle et je suis parti comme ça. Je me reconcentre, le reste de la route va être belle, très sèche, très roulante, mais on mange du sable et de la poussière. Nous finirons par descendre des marches dans lesquels je suis super à l’aise, aurai-je progressé, je ne sais pas, mais je suis plus sûr de moi. Je fais une petite pause photos et je terminerai seul la route jusqu’au Pacha, route formée de bosse qui font comme des vagues. Traversée d’un beau village avant d’arriver chez Le Pacha, l’endroit va me plaire, très belle piscine, chambre joliment décorée et le barman a mis des Casablanca au frais. Nico qui s’est blessé bêtement en chahutant au dernier bivouac, plus de peur que de mal, nous rejoint et va pouvoir récupérer tranquillement. Après un apéro sympa au bord de la piscine, un bon repas servi à l’extérieur, nous sirotons un digestif et rejoignons nos chambres, cette journée de récup tombe à point nommé.
Nous passerons une partie de la matinée à nettoyer et retaper les motos, je démonte le filtre à air, mais il n’est pas trop encombré. L’après-midi ce sera sieste dans la chambre plus ou moins longues pour les uns et les autres, fin d’après-midi tout le monde commence à se regrouper autour de la piscine. Nous passerons encore une belle soirée tranquille.
Départ ce matin, avec un problème de synchro de nos montres, en effet, les marocains ont changé d’heure cette nuit pour le ramadan. Moi je suis à l’heure, mon téléphone a changé automatiquement, je rejoins ceux qui sont debout depuis 1h déjà. Ce matin nous naviguerons au cap, rdv au point 428 à Oualed Driss pour rejoindre le WP429 18km plus loin. Je fais route avec Laurent et le Boucanier. Nous ne prenons pas la même direction que les autres, mais je fais confiance à Laurent qui nous fait contourner la dune par l’Est.
Je me plante dans le sable, pas assez de gaz, j’aurai du mieux lire la piste et ne pas suivre les traces de roues des 4x4, Mehdi m’avait pourtant briefé la veille. Je recommence et m’ensable jusqu’au sacoche. Laurent et Michel me sortent de ce mauvais pas. Je rendrai la pareil à Michel quelques min plus tard. Je commence à comprendre le sable, mais je décroche Michel et Laurent qui roule plus vite que moi et je me fais doubler par Yan qui les rejoint, ils ne se rendent pas compte que ce n’est plus moi qui les suit.
Je fais route seul, je ne suis plus très loin, je suis le cap, mais pas la piste, je file tout droit dans un pierrier, mais c’est gérable, au bout de 10 min, les pierres sont devenues énormes, je m’en tape une de face qui me clou au sol, je remonte la moto, seul mais sans trop de difficulté, je suis dopé à l’adrénaline,  je continue mon chemin au mental à travers ces grosses pierres, je le fais au courage, je n’en peux plus, je revis quand je vois mes amis à l’ombre d’un arbre à quelques mètres de moi. Medhi vient à ma rencontre, pour me guider et me faire emprunter le chemin le plus facile pour les rejoindre. Je poserai la moto à 10 mètres d’eux je n’en peux plus, je suis cuit. Finalement je ne suis pas le dernier, je m’inquiétai pour rien. Nous attendons encore quatre ou cinq personnes et les 4x4. Mehdi et Yan décident d’aller voir où sont les retardataires, mais ils n’iront pas bien loin. En effet, Medhi pose l’Africa Twin sur une pierre qui va casser en plusieurs morceaux son carter d’embrayage. C’est la merde, on bricolera pour protéger la moto et la charger derrière le 4x4 d’assistance. Fin de partie pour Mehdi. Fin de partie bientôt aussi pour grand Fred, son embrayage a décidé de lâcher. Tractage, remorquage, et moto confié à des garagistes locaux qui nous ont interpellé sur la route, ils y a plusieurs garages plantés dans cette rue et ils se battraient presque pour faire les réparations, rude concurrence entre eux.
Nous déjeunerons à l’ombre dans la cours du restaurant, Medhi et Fred, passant de longues minutes au téléphone, avec leur assistance, assurances et autre contact. Le verdict tombe, ils doivent tout les deux partir pour Casablanca en camionnette (au moins 800 Km).
Nous continuerons sans eux notre remontée vers Marrakech. Dure journée, nous enchainerons sur plusieurs crevaisons, dont Lolo qui devra réparer sur le bord de la piste, la GS Entr’aid se remet en route, nous sommes tous avec lui pour l’aider, en plein soleil, mais tout le monde prend plaisir à aider dans ces moments là.
Nous dormirons à Tazenakht dans un hôtel typiquement Marocain. Je ne fermerai pas l’œil avant 2h du matin, on sent la ville en ébullition, c’est un va et viens de camion incessant, un mouton sous notre fenêtre va bêler pendant de longues minutes, le boucher a organisé un barbecue juste en face de l’hôtel, nous ne fermons pas les fenêtres à cause de la chaleur, mais je finirai pas m’endormir avec ses bruits qui semblent s’éloigner tout doucement.
Fin de la 1ère partie, to be continued…
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Mike67280



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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Ven 1 Juin 2018 - 8:53

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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Mar 5 Juin 2018 - 2:34

Allez, un peu après la guerre, à mon tour de rédiger mon CR. 

Je vais faire certainement moins long et moins prosaïque que Fred, Medhi ou Mike mais croyez-bien que le coeur y est. 

Tout d'abord, un rapide rappel du contexte dans lequel je pars (sinon, c'est moins drôle). 

Sept/Oct 2017 - Réservation du GS Entraid. Quoi qu'il se passe, j'irais, bordel. 
Oct 2017 - Participation au GS Trophy, ça passe facile, la moto va bien, nickel ! 
Fev 2018 - événement professionnel, je vais sûrement changer de vie (mais pas de boîte) et partir vivre aux USA courant 2018. 2-3 trucs à préparer...
Mars 2018 - ben je me marie, parce que tant qu'à faire, je ne vais pas partir tout seul...
Avril 2018 - Révision des 120.000kms de ma GS 2013 faite à 115.000, en prévision, pour partir serein. 4 jours après, à 2 semaines et qq jours du départ, je pète ma boîte de vitesse. Moto hors garantie bien sûr, devis BMW 5500€ (boîte plus récente + pièces de compatibilité à changer). Dossier déposé chez BMW France, passé en commission, rien à faire, c'est tout pour ma gueule. Pas le budget ni le temps de réparer, plan B
Eric (whiteEric) me propose avec une grande générosité de partir avec son 650 DR de 1992, à kick. Fred (le chef) accepte la dérogation, et me voilà à récupérer cette moto de 8 ans ma cadette. Petite préparation vite fait et inch'allah, on verra ce que ça donne ! 
Mai 2018 - départ pour le GS Entraid. 
1 semaine après le retour - voyage de 2 semaines (vacances + boulot) aux USA pour repérer les lieux. Je vous écris donc ces mots depuis Chicago après ma 1ère journée de boulot dans nos bureaux ici. 
Juin 2018 - Faudra penser à réparer la boîte de Bertha, dès que je rentre en France...

J'en profite pour remercier une n-ième fois Eric pour sa gentillesse, avant, pendant et après le trip  [CLINOEIL]

Allez zou, on part avec Pépette, 45cv et 115kgs + bagages posés dessus. 

--------------------------------------------------

J'avais découvert le Maroc l'an dernier, lors d'un voyage avec mon père, organisé par moi-même. Voir ici http://gsfr.forumactif.com/t48732p50-maroc-avec-2-gs-en-mode-pere-fils?highlight=p%E8re+et+fils et https://www.memotrips.com/fr_FR/carnet-de-voyage/maroc-2017-651484. 
Je n'avais qu'une envie, y retourner en mode un peu plus TT que lors de mon premier trip. Le GS Entraid était l'occasion idéale. 

C'est aussi la première fois que je pars avec une "structure" en "voyage organisé". J'ai pas l'habitude, c'est clair, et je ne suis pas sûr que ce soit fait pour moi. Cela n'enlève en rien le plaisir que j'ai pris pendant ces 15 jours. 

Je ne ferais pas de résumé jour par jour, je donnerai juste mon sentiment global sur ce voyage qui restera longtemps dans ma tête et surtout dans mon coeur.

* des rencontres exceptionnelles, il n'y a pas d'autre mot pour décrire ce que j'ai vécu. 
* une bonne humeur et une joie de vivre rarement égalées. La déconnexion totale de "la vie courante", du stress, et toutes les choses négatives que l'on peut vivre au quotidien. 
* une redécouverte de la moto, avec cette machine d'un autre temps comparée à nos chères GS. Un confort spartiate, un moteur à la peine sur les parfois longues liaisons, mais un bonheur à passer "comme les autres", et des fois avec plus de facilité que je n'aurais imaginé. 
* un contrat personnel rempli, vu la suite de mon programme pour cette année : 0 chute, 1/2 "frayeur", et un certain apprentissage du sable. 
* une notion d'entraide clairement perçue dans les moments les plus difficiles. 
* des soirées dont les compte-rendus n'ont pas la place sur la toile, même sur ce forum.  

Mais parce que j'ai tendance à être quelqu'un de franc et transparent, j'ai aussi envie de parler d' l"autre côté. Des sentiments de parfois "GS Ent'raid" = "GS Chacun pour sa gueule". De quand on t'a dit "tu dois être autonome sur la navigation", c'est surtout parce que si tu ne l'es pas, tu n'es pas toujours sûr d'avoir quelqu'un derrière toi. De ce moment ou en pleine navigation au cap, ou t'as voulu partir en petit groupe de 2 ou 3, tu te retrouves seul, avec aucune moto en vue à 360° autour de toi, à boire de l'eau à l'ombre de l'arbre qui a bien voulu se trouver là. De ces moments où en tant qu'organisateur de nombreuses balades / nombreux voyages en groupe hors de GS_Fr, tu te rends comptes que tout le monde n'a pas la même notion de "sécurité" et "d'encadrement" que toi. Alors là le doute, des fois même l'énervement prennent le dessus et te feraient presque regretter. 
"Presque", parce qu'une fois arrivé la fin de la journée, une fois la douche prise, à l'hôtel ou au cul du camion de FX, tu retrouves les participants, ces nouveaux potes avec qui tu partages beaucoup plus de choses que prévu. Ces mecs (& nanas) qui te refilent la banane en 5 min (la bière de FX joue aussi). 

J'ai attendu 2 grosses semaines avant d'écrire ces mots, le temps de prendre un peu de recul, le temps de lire mes 1400 mails du boulot non-lus le temps du voyage, le temps de repartir (à l'arrache) aux USA avec ma femme pour découvrir cette future nouvelle vie. 
Le temps de me rendre vraiment compte de ce que j'ai vécu cette année au Maroc. 

Alors oui je remercie tout le monde, les participants, les co-organisateurs FX, Nico & Marie-Laure et Fred pour m'avoir donner l'opportunité de vivre ce grand moment

J'aborde la suite de ma vie avec encore un petit quelque chose de changé. Toujours un bout de moi-même resté là-bas, toujours un bout qui a envie d'y retourner, tout en sachant que pour l'instant, la réalité est ailleurs, et en l'occurrence dans un monde, un pays à des années lumières du charme marocain. 
Je tiens peut-être ça de mon père, mais je crois qu'il y a du bien en toute chose. Il ne tient qu'à nous de bien vouloir le voir, le vivre à fond et le partager avec ceux qui nous entourent. 

A bientôt à tous, sur les routes ou ou ailleurs, en Europe, en Afrique ou peut-être aux Etats-Unis :-)

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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   Mar 5 Juin 2018 - 5:08

Merci Seb, mon coloc, ravi d'avoir partagé ces moments avec toi, meme dans l'intimité et les ronflements  😉.  Je te souhaite de t'eclater de l'autre côté de l'atlantique. Keep in touch 😉
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MessageSujet: Re: CR G-S Ent'Raid 2018   

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